Médecine et corruption systémique

  • Santé Science

La recherche:


La recherche est un océan de misère à force de manipulations et de trucages. Grâce aux facilités offertes par l’Evidence-Based Medecine, méthodologie manipulable à volonté, l’industrie pharmaceutique truque et bidouille les études au point d’avoir fait de la fraude un élément central de leur business model.

Dans ses grandes lignes les facilités permises par les manipulations de la « mauvaise science » :

L’adoption massive de la démarche EBM dans le domaine de la recherche médicale tient entre autres au fait qu’elle fournit des possibilités inépuisables de manipulation et de fraude. Les compagnies pharmaceutiques en particulier en font grand usage (avec des dérives soigneusement documentées) pour pouvoir :

  • Mettre sur le marché des médicaments sans bénéfices thérapeutique réelscomme les antidépresseurs IRS, dont le seul effet vérifié est un impact négatif sur la libido ainsi que la qualité de vie, et l’augmentation dramatique du nombre de suicides chez les jeunes.
  • Remplacer d’anciennes molécules efficaces par de nouvelles qui ne le sont pas plus, mais sont facturées beaucoup plus cher.
  • Enfumer des résultats gênants avec des études formatées pour aboutir à un résultat opposée, permettant de contredire des données sérieuses et honnêtement acquises. Par exemple, les données sur l’utilité réelle du vaccin contre le papillomavirus s’avèrent être d’une faiblesse extrême. Des chercheurs ont donc fait des méta-analyses (consolidation de nombreuses études) en veillant à ne retenir comme matériau de départ que des études faussées. La méta-analyse fournit donc le résultat espéré -même s’il est fallacieux- et on peut prétendre que la science a parlé. C’est en l’occurrence la mise au grand jour de cette manipulation qui aura conduit à l’expulsion brutale de Peter Gotzsche, un des meilleurs épidémiologues actuels, de la revue Cochrane.

    Bref, magouilles à tous les étages, d’une manière évidemment connue de tous. Les braves médecins eux sont pris dans ce système malsain et se débrouillent tant bien que mal. En privé, ils admettent volontiers qu’ils ne peuvent plus décemment prêter crédit aux études publiées par l’industrie. Mais ils restent les prisonniers inconfortables d’une industrie de la maladie devenue malhonnête et perverse. Ils souffrent, atteints qu’ils sont dans leur intégrité.


    Conflits d’intérêts généralisés:

    Les pharmas par exemple infiltrent l’enseignement médical. Voici ce qu’en disait un rapport datant de 2017 pour la France :

    « Zéro: c’est la note désastreuse obtenue par les trois quarts des facultés françaises de médecine à la première évaluation des moyens mis en œuvre pour protéger leurs étudiants des conflits d’intérêts. L’étude, dont les résultats ont été publiés dans la revue scientifique Plos One , est à l’initiative du Formindep, une association qui milite pour une formation et une information médicales indépendantes. »

    Les responsables (professeurs, médecins-chefs, membres des comités d’experts) sont eux aussi largement arrosés par l’industrie pharmaceutique, avec évidemment toutes sortes de bénéfices pour les généreux bailleurs de fonds. On a ainsi pu observer que les plus virulents opposants au protocole de Marseille (deux médicaments peu coûteux et efficaces contre le Covid) étaient tous bénéficiaires des largesses de Gilead (le groupe qui espère mettre sur le marché son antiviral Remdesivir, au prix de $ 1’000 par patient, là où l’association Plaquenil azothromycine côute une quinzaine d’euros par patient). Ces même experts touchent également des enveloppes des autres grands groupes comme Merck Sharp & Dohme, Roche, Boehringer. Johnson & Johnson, Sanofi, GSK, Abbvie, Pfizer, Noartis et Astrazeneca.

    Les enquêteurs du magazine Marianne relèvent ainsi que « sur les huit médecins originellement membres du conseil scientifique (nommé par le président Macron pour le conseiller), seuls deux (Arnaud Fontanet et Didier Raoult) ont touché zéro euro des pharmas. Les journalistes précisent :

    « En cinq ans, entre les déjeuners, les dîners, les hébergements à l’hôtel, les frais de transport et les honoraires, les industriels ont payé pour 449.389 euros d’avantages à neuf experts du conseil scientifique placé auprès d’Emmanuel Macron ainsi que du Comité analyse et expertise (Care) chargé de l’éclairer sur les questions purement scientifiques liées au Covid-19. Ce qui recouvre des situations très différentes, dont certaines témoignent d’un compagnonnage suivi entre les médecins et les fabricants de médicaments. »

    Au-delà même de ces cas particuliers (aussi significatifs soient-ils) c’est l’envergure du « système » qui fait tomber les chaussettes quand on le découvre :

    « Les relations entre les laboratoires et les médecins sont loin d’être étanches. En 2018, les industriels pharmaceutiques ont ainsi versé quelque 1,36 milliard d’euros d’avantages aux professionnels de santé, a révélé une enquête de la presse quotidienne régionale. Une vieille habitude du secteur. « Il y a une culture du lien avec les labos, les médecins y sont biberonnés dès leurs études. Les représentants des firmes viennent dans les services, distribuent des invitations, ils font partie du paysage », note le médecin généraliste Pierre Frouard, co-auteur d’une étude de l’Université Rennes 1 sur les prescriptions des médecins et leurs liens avec les lobbys, en novembre dernier. Cette étude, publiée dans le prestigieux British Medical Journal, a montré que les médecins qui reçoivent des cadeaux de l’industrie pharmaceutiques prescrivent… plus et moins bien, par rapport aux indicateurs de l’Assurance maladie. « Et puis il y a un autre élément, ajoute Pierre Frouard. Qui relève plutôt du bon sens. Si ça n’était pas efficace, les firmes ne mettraient pas autant d’argent dans le lobbying ».

     

    Est-il besoin de faire un dessin ?!

    Une infiltration à tous niveaux est bien le constat qui est à poser, ce qu’ont fait aussi bien une commission d’enquête du parlement britannique, les centres d’éthique des Universités de Harvard et d’Oxford, et les rédacteurs en chef des plus prestigieuses revues médicales –références dans un autre article sur la « mauvaise science ».

    Mais cela va encore plus loin : il est désormais évident que l’industrie pharmaceutique a adopté comme business model rien moins que celui du crime organisé. Tout comme d’ailleurs d’autres « industries criminelles ». article du 24 mars 2020 :

    « On retrouve ce pattern dans tous les secteurs de l’industrie qui est devenue aujourd’hui largement criminelle. C’est qu’ont fait les constructeurs automobiles allemands en truquant les logiciels d’évaluation embarqués de la pollution -provoquant des milliers de décès prématurés en Europe année après année. Ou Boeing en mettant sur le marché un nouvel avion qu’ils savaient défaillant -crash ! Ou Monsanto et ses faux papiers scientifiques, ses fausses associations de paysans amoureux de pesticides et son catalogue de produits toxiques, dont bien sûr le glyphosate. Si vous avez utilisé une poêle en Téflon au cours de votre vie, saviez-vous qu’il s’agit d’une substance toxique lorsqu’elle surchauffe ? Dupont de Nemours a été condamné en 2016 à 671 millions de dollars à cause d’une fuite de produits toxiques nécessaires à sa fabrication empoisonnant durablement la population. Quant à la crise des subprimes, produit elle aussi d’une logique criminelle, elle n’a conduit aucun criminel en col blanc devant la justice pendant que des milliers et des milliers d’innocents se retrouvaient à la rue ou en subissaient l’impact délétère de multiples manières. »

    En ce qui concerne les pharmas, voici ce qu’en disent Peter Gotzsche, co-fondateur de la Nordic Cochrane review et Richard Smith, ancien rédacteur en chef du British Medical Journal :

    « Un livre écrit par un des plus rigoureux spécialiste de la validité des recherche médicales, co-fondateur du chapitre nordique de la Revue Cochrane, reçut en 2014 le prix de l’association médicale britannique dans la catégorie « les bases de la médecine ».

    Son titre ? « Remèdes mortels et crime organisé : Comment l’industrie pharmaceutique a corrompu les services de santé ».  Le Pr Peter Goetzsche, choqué comme nombre de ses collègues par les scandales sanitaires à répétition en fit un décodage systémique. Le point commun de ces différents scandales peut être résumé par la séquence suivante :

    • Autorisation de mise sur le marché par une instance étatique de régulation pétrie de conflits d’intérêts (en France, selon le journalistes d’investigation Thierry Souccar et le docteur en droit et avocate en droit de la santé Isabelle Robard, sur 675 personnes siégeant à l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé, près de 415 personnes (donc 62,4 %) déclarent avoir des intérêts dans l’industrie pharmaceutique, cosmétique ou autre.
    • Cette mise sur le marché est obtenue par le groupe pharmaceutique en toute connaissance de cause d’effets dangereux ou létaux, qu’elle omet délibérément de déclarer.
    • Des professeurs en médecine renommés sont au besoin payés pour nier tout lien de causalité entre des pertes et dommages et le médicament consommé. Certains par exemple ont touché $50’000.- par expertise (rédigées par les pharmas elles-mêmes) pour nier l’implication de certains médicaments dans des suicide de jeunes, alors même que les pharmas connaissaient parfaitement un effet d’augmentation des cas de suicide dans cette population.
    • Lorsque le scandale éclate, la molécule toxique est retirée, mais non sans avoir au passage rapporté un énorme pactole. Le Vioxx ainsi a rapporté à Merck 11 milliards de dollars pendant le temps de sa commercialisation. Causant tout de même plus de 25’000 morts pour les Etats-Unis uniquement.
    • Le régulateur inflige une « amende » pour mauvaise conduite à la pharma repentante, qui reste peanuts au regard du blé engrangé ($950 millions face donc à 11 milliards pour le Vioxx) et bien sûr, aucun responsable ne va en prison malgré les milliers de personnes tuées au passage.

    Extrait de l’article de Jean Dominique Michel « Corruption systémique quand même pas chez nous »

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